Découverte,  Generale

5 min readBoxe thaïlandaise : Les traditions d’avant combat

Je me présente dans une tenue appropriée au combat. Torse nu, pied nus et nous ne sommes pas obligés mais je tiens à mettre mes chevillères. Mon maître m’aide à enfiler mon Mongkon*. Ce serre-tête de coton filé. Cela m’aide à me concentrer et à me rappeler d’où je viens. Il représente la connaissance et le savoir-faire de nos anciens.

Je m’apprête à monter sur le ring, seul endroit où je me sens réellement vivant. Je suis prêt. Surtout ne pas me déconcentrer. Je manque parfois de précisions, je le sais. Mais ce soir, je ne peux pas me le permettre. C’est un combat important et les arbitres sont redoutables. Comme toujours. Ils ont élevé l’arbitrage au rang de science. Ce sont des véritables chefs d’orchestre. Ils ont l’oeil et la décision finale.

C’est le moment du Wai Khru*. Comme un félin, je dois marquer mon territoire. Ce ring est une terre inconnue et potentiellement dangereuse. Je m’exécute à faire le tour du ring plusieurs fois en touchant trois fois les quatre coins. Ce qui prouve aussi ma reconnaissance envers mes parents, mon entraineur, l’arbitre, les juges et même chaque personne sur cette terre qui détient la connaissance de cette discipline. Pour finir ce premier rituel il ne reste qu’à venir m’accroupir au milieu du tapis, pour saluer mon maître une dernière fois. Le yeux fermés je me concentre.

Puis j’entend le signal. L’orchestre qui commence. Le Pi muay* retentit. Je me lève en regardant mon adversaire. C’est la première fois depuis le début de la rencontre que je le vois. Je suis pourtant avec lui sur ce ring, depuis le début. Ce Nak Muay* est tatoué dans tout le dos, il pense qu’il est à l’abri du mauvais sort, des mauvais coups et que la chance est avec lui. Il se trompe, je vais gagner!

Il commence son Ram Muay*. Il fait le vol du cygne. Je reconnais très bien ces mouvements gracieux de bras tendus qui évoquent ceux des ailes des oiseaux. Il ne vient pas du même camp que moi. Il n’a pas la même façon de danser que moi, il n’a pas les mêmes mouvements. Il doit venir d’une région lointaine. Je dois moi aussi rendre hommage au public pour être ici ce soir.  Je commence  ma chorégraphie, celle qui m’a été transmise par mon professeur. J’exécute mes figures légendaires. Je fais la danse du chasseur. Mes mains se transforment en arc. Je vise ma cible. Je vais gagner!

*Mongkon : Pour les Thailandais, la tête est la partie la plus sensible du corps. Ce serre-tête serait censé protéger cette partie du corps. De plus, il représente la connaissance et le savoir-fait transmit de génération en génération.

*Wai : hommage, salutation.

*Khru : maître, professeur, mentor.

*Pi Muay : Nom donner à la musique qui accompagne la danse rituel : Ram Muay.

*Nak Muay : Boxeur.

*Ram : danse.

*Muay : Boxe.

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