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6 min readDiego Maradona : Quand « la main de Dieu » se retire

Champion du monde de football en 1986 avec l’équipe d’Argentine, idole d’une nation et réelle légende du ballon rond, Maradona s’en est allé. Entre gloire et scandales, prouesses sportives et drogues, l’Argentin laisse une trace indélébile derrière lui. Le monde du sport pleure la disparition d’un génie aussi aimé que détesté.

Son histoire débute dans les rues de Buenos Aires, où comme beaucoup de jeunes, le football est un exutoire. Une orange, un chiffon, le prodige a toujours au pied, quelque chose ressemblant à un ballon. L’ange Maradona impressionne par son aisance technique, sa dextérité déconcertante, qui même aujourd’hui arborent les rues de sa ville natale. Des équipes de jeunes au Boca Juniors, le petit génie émerveille par ses dribbles venus d’ailleurs, tel un ange « tombé du ciel ». Si bien qu’il s’envole pour le FC Barcelone en 1982 pour 7 millions de dollars, un record pour l’époque.

Son épopée catalane aura un goût amer, notamment rongé par ses blessures et le début de ses mésaventures avec son pire ami, la drogue. C’est donc en 1984, de l’autre côté de la Méditerranée à Naples, que Maradona construira sa légende. Pourquoi d’ailleurs avoir opté pour un club au palmarès quasi néant ? C’est toute une ville qui s’est posée cette même question, mais le résultat lui, est indescriptible…

Sept années de partage et d’amour, un titre de champion d’Italie glané pour la première fois en Campanie, « Dieguito » a conquis les cœurs napolitains. D’ailleurs, ses 114 buts et nombreux titres seront bien maigres quant à la fusion qui régnait entre les supporteurs et le génie. Une fusion presque débordante, lui pardonnant même son infidélité, ses addictions, car sur le terrain, il est le meilleur.

 

Un geste mythique mettant en évidence toute la malice de « Dieguito »

 

Et « la main de Dieu » entra en scène

 

1986, quarts de finale de la Coupe du monde entre l’Argentine et l’Angleterre, l’idole de toute une nation brise l’écran. Dans un match âpre, privé de solutions, Maradona, marque de la main suite à la reception d’un centre. Les Anglais, offusqués, protestent sans obtenir gain de cause. N’ayant pas vu le geste, l’arbitre valide le but. L’image fera le tour du monde et cerise sur le gâteau, sera qualifiée par l’auteur du geste, comme la « main de Dieu ». Tandis qu’un but légendaire aurait suffi, Diego fait du Diego en inscrivant un second but d’anthologie. Dans son style, ravageur, provocateur, il enrhume toute l’équipe anglaise et remonte une moitié de terrain, avant de finir du pied gauche. Ce match est à l’image du joueur : partagé entre coups d’éclats et tricherie, ange et démon. Il porte l’équipe jusqu’au titre mondial et répond à sa non sélection de 1978.

 

Ses addictions le rattrapent

La suite de son histoire s’obscurcit autour de ses addictions, mettant un terme à son histoire d’amour avec Naples. Ses kilos superflus empiètent sur sa technique, sa vitesse réduit fortement. À la suite d’un contrôle positif aux stupéfiants, Maradona est suspendu 18 mois. Il ne revêtira plus jamais la tunique bleu et blanc. Quant à la sélection nationale, elle n’échappe pas aux émois de Diego. Sa réputation lui porte préjudice en 1994 lors de la Coupe du monde aux USA. L’Argentin, contrôlé une nouvelle fois positif aux stupéfiants, est contraint de quitter la compétition. Diego n’est plus Diego…

 

En résumé, l’ange de Buenos Aires aura vécu comme il a joué, en flirtant avec ses limites. De la gloire aux excès, des stades en ébullition aux lits d’hôpitaux, Maradona était au fond un grand enfant qui n’a jamais voulu grandir. Le génie a maintenant rejoint les cieux, mais son histoire elle, sera toujours à portée de main.

 

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